
En 1968, influencé par Hendrix et Cream, solo sur le fameux "Spoonful" de Willie Dixon.
En musique, guitariste soliste, premier groupe de rock en 1968, une grande claque musicale en assistant le 30 mai 1968 à un concert festival à Zurich où il y avait notamment Jimi Hendrix. Première approche de la musique électroacoustique en 1969. Première musique de scène électroacoustique pour le théâtre du Béguin en 1971 avec création à Amsterdam dans le cadre de l’Alliance Française au Grand Hotel Krasnapolsky. Rencontre avec Francis Jeanson, philosophe, directeur des Temps Modernes, animateur des réseaux Jeanson et directeur, alors, de la maison de la Culture en préfiguration de Chalon-sur-Saône. Il m’incite à me présenter au concours du ministère de la culture pour suivre le stage national d’animateurs culturels en juin 1971, après un stage d'animateurs relais bénévoles. Francis s'appuie à nouveau sur des réseaux mais dans le cadre de l'action culturelle. Sélectionné avec sept autres candidats, la formation (septembre 1971 à décembre 1972) me permet de suivre un stage au GMEB de Bourges en décembre 1972. Festival d’Avignon avec le Lucernaire pour m’occuper des rencontres musicales dans le Modulobule en fin de soirée, après minuit. Un mois de stage au centre culturel de Châteauvallon en août 1972 avec notamment l'accueil de Soft Machine, un week-end autour de la création électroacoustique, et animations dans le cadre du festival de jazz 1972. L'occasion d'approcher Don Cherry, Tony Williams et Max Roach ensemble, John Mac Laughlin - que j'interviewerais lors du festival de jazz d'Amiens - Michel Portal, Charlie Mingus, Jean-Luc Ponty, etc... Animateur musical à la Maison de la Culture de Créteil (direction Jean Négroni) à l’issue du stage national sous la direction de Lise Arseguet. Mais l’institution est trop lourde pour moi, départ donc our Compiègne pour créer, dans l’esprit du Jazz Action d’Annecy, le Jazz Pop Action en 1973. On fera venir Magma, Hatfield and the North, les percussions de Strabourg, le célèbre créateur de Light Show psychédéliques à San Francisco, Bill Ham dans le cadre du Rézo Zéro qui regroupait bon nombre de Jazz Action. On programmera des films comme Rocky Horror Picture Show, Phantom of the Paradise... On tisse des liens avec les musiciens de jazz d'Annecy, dont le Dharma Quintet avec Gérard Marais, X-Tet, le festival de Nancy Jazz Pulsations. On suit avec passion les inventions du festival de Sygma à Bordeaux.
Le passage en tant qu’animateur musical au centre d’Action Culturelle de Mulhouse a été plutôt lié à une pratique de rock expérimental. C'est aussi DS Gang, la création d'Ozone que je lance avec une quinzaine de filles et de garçons âgés entre 18 et 30 ans. Ce qui nous vaudra un papier de Laurent Greilsamer du Monde le 10 juin 1978. Ozone se veut dans la lignée de la Free Press, très marqué par Actuel.
Le retour à la musique contemporaine s’est produit à Lille en 1980. Directeur de la MLE Max Dormoy à Lille, ma rencontre avec Maurice Fleuret, alors directeur du festival de Lille, débouchera à l’accueil dans la grande salle de la MLE de l’IRCAM dans le cadre du festival de Lille. Maurice Fleuret, critique respecté au Nouvel Observateur, qui deviendra par la suite directeur de la musique au ministère de la Culture, me fera rencontrer Iannis Xénakis. La venue de l'IRCAM dans mes murs a débouché sur une relation amicale avec Todd Machover alors jeune directeur de la recherche à l'Institut. Il m'invite à des conférences, à des séminaires. C'est l'occasion d'entendre Pierre Boulez, de discuter de l'action culturelle, de sa position face à Malraux. Je suis impressionné. C'est comme avec Francis Jeanson, même exigence, même charisme. Quand on les écoute, on a l'impression de ressortir plus intelligent.

Lors du stage à l'Ircam en 1981, dans un des studios.
Puis, c'est le stage de 40 jours à l'IRCAM du 22 juin au 2 août 1981 sous la direction pédagogique de David Wessel. Un grand pédagogue.
A la sortie du stage, après avoir découvert les possibilités offertes par la musique assistée par ordinateur, c'est la retombée dans le monde réel.

C'est dûr de quitter les studios de l'Institut, après un stage de 40 jours.
Il me faut un ordinateur. J'investis dans un Apple II 64 K avec deux cartes de la Mountain Hardware qui transforme l'Apple II en synthétiseur numérique 16 voix. C'est long et fastidieux pour créer de la musique. En complément, j'achète d'occasion l'Ems Synthi Aks d'André Stordeur, compositeur belge que j'ai rencontré lors du stage de l'Ircam. Il partira quelques semaines plus tard rejoindre Morton Subotnick aux Etats Unis.

L'Ems synthi Aks et l'Apple II 64k qui avec deux cartes de la Mountain Hardware le transformaient en synthétiseur numérique 16 voix.
Je crée le Groupe de Création des Musiques Contemporaines à Lille. Et c'est la rencontre avec Jean-Pierre Lemoine, tout jeune ingénieur chez IBM. Il débarque un soir chez moi. Il possède un clavier, un séquenceur et des modules RSF. Ca tombe bien, je dois assurer dans le cadre du 50e anniversaire du Beffroi de Lille une mise en musique d'un jardin d'images. Nous installerons notre matériel dans une merveilleuse petite chapelle et nous improviserons durant trois jours. Cela donnera, entre autres, Un Jour où un chanteur d'un groupe de rock Lillois acceptera de voir sa voix passée à la moulinette de l'Ems Synthi Aks tandis je joue sur l'enveloppe, l'écho et la distorsion. JP, pour sa part tissant une superbe mélopée psychélique. C'est aussi Images Mouvantes où j'insère ma guitare dans l'Ems Synthi Aks avec un patch en ring modulation tandis que JP effectue des modulations de filtre avec son RSF... Attention, c'est plutôt free.

Le studio d'HplanK à Lille au début des années 80.
HplanK est créé et c'est un duo utilisant depuis 1981, synthétiseurs, ordinateurs, guitares trafiquées. Je participe au disque du 50e anniversaire du Beffroi de Lille avec l’Internationale réalisée avec le programme Chant de l’IRCAM. C'est aussi une musique de scène pour « Le Testament d’un sale Pierrot », biographie imaginaire de Gaston Couté, par le théâtre de la Chandelle en novembre 1983 au théâtre de la Filature à Lille. La musique est réalisée avec l'Apple II 64k, comme cette marche ou cette musique pour les noces de Gaston Couté. J'avais utilisé aussi l'Ems synthi AKS dans lequel je réinjectais l'Apple II et la guitare. En écoutant ces musiques, elle donne une petite idée de ce que l'on pouvait faire au début des années 80 avec un personnal computer qui disposait d'une mémoire très faible. D'autre part, je suis en train de numériser des bandes magnétiques qui ont près de 25 ans. Elles ne sont pas forcément en bon état...
C'est aussi le Magazine Electrique que j'anime le samedi de Minuit à 3 heures du matin à Radio Lille.
Puis, en mars 1984, alors que j'ai raté de peu de pouvoir créer un centre d'accueil pour compositeurs à Cordes-sur-Ciel, Bernard Roux, directeur du Courrier Picard, que je vais voir en tant que président du CAC de Douai, me propose de devenir journaliste dans le quotidien. J'y suis toujours. J'ai réalisé depuis différentes musiques. Dont des créations musicales pour des expositions : "Lapidaire", avec le poète Jean-Louis Rambour et le peintre André Brieudes, présenté au Centre Cuturel de la Somme à Amiens en 1994, à la bibliothèque municipale de Saint-Quentin en 1995, à Péronne et à Albert; « Les dessins de guerre de Fernand Léger » pour la première grande exposition thématique de l'Historial de Péronne en 1994. En enregistrement, outre les nombreuses bandes réalisées avec Jean-Pierre Lemoine pour HplanK, production du CD « La Haute-Picardie en Grande Vitesse » avec la CCI de Péronne pour l'inauguration de la gare TGV Haute-Picardie.
En 1999, c'est la création, dans le cadre d’un projet Etat-Région pour les journées du patrimoine 1999, de la « Grande Bleue », autour des vitraux d’Alfred Manessier de l’église Saint-Sépulcre à Abbeville, avec des tableaux virtuels en 3D de Jean-Pierre Lemoine. Pour donner un exemple, on avait entouré l'église pour recréer artificiellement les reflets des vitraux sur la pierre. Avec les tableaux de Jean-Pierre, c'était une sorte d'oratorio multimédias. Ici, des extraits de la grande Bleue : Vers le Chaos (SY99), Diffraction (SY99), Réflexion (SY99-EX5R) et Chant intérieur (EX5R et voix d'Alfred Manessier étiré dans Audiosculpt).

Alfred Manessier a refait tous les vitraux de l'église Saint Sépulcre à Abbeville, on aperçoit celui qu'Alfred Manessier appelait "la Grande Bleue", il est dans sa configuration l'inverse Abyssale. On aperçoit le SY99, le Mac G3 et l'EX5R. La guitare est une Fender Stratocaster Roland, midifié d'origine.
A la suite de la Grande Bleue, le journal m'a demandé, dans le cadre du 60 anniversaire du Courrier Picard, de créer des musiques et des images 3D pour un concert d'HplanK à Amiens à Mega Cité (A la Une lors d'une répétition). Pour les images 3D, c'était possible dans la mesure où Jean-Pierre venait de créer un éditeur graphique pour CSound et créateur aussi de Mondes Virtuels.

Hplank, lors du concert du 30 mai 2000 à Mega Cité à Amiens.
Sinon, depuis 2001, je vis au Tréport, avec le port de pêche et de commerce juste en face de ma fenâtre. J'ai fait différentes musiques, dont celle du standard de la Mairie du Tréport, avec cris de goélands, pour des expositions organisées par l’association de Traverse à Mers-les-Bains. Une performance pour le festival de Jazz du Vimeu avec deux danseuses dans une usine en août 2005. Une création pour Sciences en fêtes Haute Normandie et une performance à Saint-Gobain Desjonquères en octobre 2006. Tout dernièrement, c'est la création de Disparition Mehdi Ben Barka en janvier 2007. En tant que journaliste, reportage sur Iannis Xenakis, l’IRCAM, 60e anniversaire de Pierre Boulez à la salle Pleyel, le festival de Jazz d’Amiens, nuit du blues à Abbeville dont Luther Allison, Pierre Henry, reportage en janvier 2007 à Brighton (Angleterre) pour le bi-centenaire du Théâtre Royal. Animateur du blog « Chroniques de la Mao » et Nouvelles Chroniques de la Mao.
Un peu de technique

Le studio aujourd'hui est équipé d'un Mac G3, de deux PC, cartes sons Fireface 400 et 800, Emu 1616M pour le laptop, des synthés dont l'Evolver de Dave Smith, le clavia G2 Engine, les Yamaha SY99 et EX5R.
La durée totale de « Disparition Mehdi Ben Barka » est de 52 minutes, découpée en dix séquences. Elles alternent des séquences avec des climats différents, tantôt légèrement violentes
voire grinçantes et calmes. Elles veulent exprimer ce qu’a dû ressentir le leader Marocain. De la maîtrise de soi, de cette intériorité, de la violence de l’enlèvement, de la torture. De la mort. Mais en étant accessible à tous car ce n’est pas une musique pour un concert mais une musique d’accompagnement.
Techniquement, « Disparition Mehdi Ben Barka » a été réalisée à partir d'Ableton Live 6, le logiciel se prêtant bien à l'expérimentation, aux mélanges et traitements des différentes voix synthétiques, des mixages entres samples et synthétiseurs virtuels ou hardware. Les voix artificielles ont été traitées, trafiquées au niveau de l'enveloppe, de passage dans la ring modulation, avec l'Ems Avs auquel s'ajoutent des effets natifs d'Ableton Live 6. L'Ems Avs (émulation virtuelle du synthétiseur EMS Synthi Aks)est aussi utilisé dans des climats très calmes, très "Ambient Music", apaisé.

Avec les synthés virtuels comme l'Ems Avs, le Minimonsta, l'Imposcar, le Moog Modular V2, Reaktor 5, on peut disposer aujourd'hui d'un vaste instrumentarium pour la création musicale.
Avec, toutefois un passage beaucoup plus rude, avec du noise. Sinon, en hardware, j'ai utilisé l'Evolver, avec « Larsen » que j'avais réalisé dans un esprit free. Cette improvisation s'est naturellement insérée dans la musique pour l'expo. Il y a aussi deux synthétiseurs Yamaha, un SY99 et un EX5R. Enfin, toujours en virtuel, il y a des ensembles de Reaktor 5.
Cette création autour de la disparition de Mehdi Ben Barka m’a amené à travaillé dans des directions que je n’avais pas l‘habitude d’explorer. Et notamment en virtuel, en numérique, c'est-à-dire sans les synthétiseurs. De même, « Disparition Mehdi Ben Barka » m’amène à approfondir actuellement – notamment pour une troupe de théâtre – des dialogues improbables avec des voix artificielles et réelles. D’évidence, cette création va me marquer et déjà m’amène à défricher d’autres territoires.
Didier DEBRIL
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